Rendez-vous (au 2e étage) Canada

2013 avril 9
par dgtourismemauricie

Il y a un bon moment que je ne me suis pas délié les doigts sur ce blogue. Mais là, je suis tombé d’un étage. Ou plutôt, j’ai perdu le plancher principal.

Un évènement annuel qui voyage d’un océan à l’autre. Un évènement qui regroupe la majorité des mêmes acteurs, année après année. Sûrement une mécanique et une logistique bien rodée. En tout cas, on pourrait l’imaginer ainsi.

À Québec, à Edmonton, à Vancouver, j’ai pu constater l’effervescence sur le plancher de cette bourse qu’est Rendez-Vous Canada. Du SPEEDDATING où chacun présente ce qu’il y a de mieux en quelques minutes à différents représentants de tours opérateurs, grossistes et réceptifs du monde entier.

En promotion hors-Québec, c’est l’endroit où il faut être vu, en tout premier lieu et tenter d’y tisser des liens d’affaires.

Les participants des associations touristiques régionales y investissent des montants importants et y investissent surtout des semaines de préparation et de soutien aux entreprises qui y participeront. Pour le Québec, ce sont plus de 70 entreprises en plus des ATR’s. Tout cela sans compter les rencontres de couloirs, les discussions de soirées, les rendez-vous et les tournées qui s’y concluent.

À juste titre, on n’a pas deux chances de faire bonne impression.

À tout problème… il y a une solution

Et là, à moins de 5 semaines de l’événement, on apprend que non, il n’y a pas assez de place pour tous. Les représentants du Québec seront logés à l’étage suivant.

Comme si on devait céder nos meilleures espaces-tablettes au supermarché au profit des produits concurrents. Dans les années  40 à 70 les magasins à rayons se dressaient sur plusieurs étages. Aojourd’hui tout est sur le même plancher. C’est vrai que ces grandes surfaces ne connaissent rien en marketing!

Au cours de ma vie, il m’est arrivé de passer à nombreuses reprises devant une boutique sans y prêter attention, mais un jour, je m’en suis souvenu pour un besoin précis et j’y suis allé directement. Je l’avais vu et ma mémoire s’en rappellait !

La visibilité a une valeur que les centres d’achat ont su monnayer. Sur quelles bases serait-ce différent dans notre industrie?

Semble-t-il que cela se serait conclu pour quelques milliers de dollars de dédommagement. Mais rien pour les entreprises participantes.

Peut-être faudra-t-il développer une technique de présentation et de séduction sur escaliers roulants?

Keep Explo Ring… until you find us

Drôle de situation selon moi, ou plutôt, c’est d’un triste innommable. Comme si, tout à coup, on venait de constater qu’on manque d’espace, alors que le problème était connu en juillet 2012. Non, ça ne fait pas très sérieux pour un évènement d’une telle envergure où chacun rivalise pour attirer l’attention. Pourquoi ne pas avoir limité au départ le nombre d’inscriptions totales? Sinon, pourquoi ne pas avoir choisi un endroit de capacité semblable aux années précédentes?

Alors, non, il n’y a rien à y faire. C’est cela et c’est comme cela! On aura un étage anglophone et un étage francophone. Je pousse trop? Non, pas tant que cela.

J’espère qu’il y aura plein de bannières «Keep Explo Ring» pour inviter les acheteurs à l’étage. Parce que le Canada sans le Québec Original, ce n’est pas le Canada.

J’imagine que Tourisme Québec a vu venir ce coup depuis un bon moment et aura imaginé quelque chose de spectaculaire pour inciter les acheteurs à gravir cet étage vers le Nirvana québécois. Qu’on les reçoive bien à cet étage distinctif est une chose, mais encore faut-il qu’ils s’y rendent.

Cela va nécessiter un «engin», une locomotive. Si on ne peut pas «marquer le coup» de façon déterminante, alors là, rendez-vous en 2014.

Venez à l’étage, on vous fera la bise!

Rumeurs d’élections : Qu’est-ce qu’il y a au menu au juste?

2012 juillet 25
par dgtourismemauricie

En ces temps de variations politiques, qu’est-ce qu’il y a au menu?

À l’aube d’une possible campagne électorale, il y a peut-être lieu d’amener les débats un peu plus loin que ce à quoi nous sommes habitués.

L’exemple du système de santé au Québec

La santé et l’éducation accaparent tout près de 60% du budget québécois. Plus on y investit d’argent, moins les résultats obtenus semblent probants. Parfois, il y a quelques succès, certaines améliorations, mais qui sont assombris rapidement par d’autres problèmes importants.

Et ces investissements créent rarement de nouveaux emplois, donc bien peu de richesses collectives.

Franchir la ligne des admissions en milieu hospitalier relève souvent du marathon. Pas de lits disponibles, pas assez d’employés de première ligne. Pourtant, on a assisté à de nombreux projets d’agrandissements. Le béton a coulé abondamment depuis des années.

Mais la population est passée de malades à patients… car en effet, il faut patienter.

Dans le domaine du privé, de tels problèmes récurrents ne pourraient se perpétuer sans un solide virage. On me dira que c’est trop complexe, que je ne peux pas comprendre, etc.

C’est là que je dis que je comprends tout. Pourquoi faire simple quand on peut rendre le tout inextricable et bâtir des pyramides?

Lorsqu’un PATIENT ne réagit pas comme prévu à un certain médicament ou un certain protocole, généralement, on change celui-ci, on explore de nouvelles avenues, on demande de l’expertise ailleurs. Devrait-on soigner le système de santé?

Modifier ou alléger une structure, responsabiliser les gens de la structure, c’est un art, nul doute. Mais ça vaut le cou(t)p. C’est rarement un travail qui reçoit tout le crédit et qui est souvent peu populaire. Il demande du courage, de la détermination et une vision claire des objectifs précis à atteindre.

24 mois de remise en question

Dans les derniers 24 mois, la création du comité de performance, mis en place par la ministre Ménard et présidé par Gilbert Rozon, a permis de mettre en lumière l’état de situation de l’industrie touristique. De plus, les interventions publiques ont permis de mettre sous les feux de la rampe une industrie fort méconnue.

Près de 30 000 entreprises, plus de 400 000 emplois, des retombées de plus de 14 milliards, c’est tout de même quelque chose d’important pour le Québec. Mais cette industrie souffre de ne pas compter parmi ses rangs des Rio Tinto, des Bombardier. Elle passe sous le radar des grands médias trop souvent.

Pour une rare fois, on a demandé l’expertise de l’extérieur pour relever les enjeux, les problèmes et les voies de solution.

Plusieurs pistes ont été envisagées et beaucoup d’acteurs s’attendaient à des changements notables. Mais bien des impératifs qui n’ont pas de nature touristique ont été tenus en compte et les solutions retenues furent bienvenues, mais demeurent, au final, timides.

  • La mise en place d’un crédit d’impôt à la rénovation et l’expansion des établissements d’hébergement en régions fut tout un pas en avant. Enfin, une lueur qui laissait savoir qu’il n’y avait pas que Montréal et Québec dans l’offre touristique.
  • Un autre ajout: la venue d’un programme chez Investissement Québec avec des prêts et de la garantie de prêt adaptés à l’industrie touristique. En soi, c’est une bonne nouvelle, mais se dessine une nouvelle structure additionnelle pour gérer tout cela. On nous promet un temps de traitement inégalé. Disons que j’ai quelques doutes. Les pyramides ont pris bien du temps à se construire. J’y reviendrai.

Mais qu’en est-il des besoins des sites, attraits et évènements? Le mystère plane à ce sujet. Et dire que ceux-ci sont souvent la pierre angulaire de l’attractivité des régions.

Les sociétés étatiques, comme Hydro-Québec, Loto-Québec et la SAQ, jouent le rôle de partenaires importants dans la trame touristique de l’ensemble du Québec. Mais les normes, exigences et conditions sont souvent issues de programmes normés mur à mur, quelle que soit la provenance de la demande de soutien.

Matière à réflexion pour une «éventuelle» campagne électorale

Ainsi donc, mes questionnements aux prochains candidats d’une «éventuelle» campagne électorale à venir sont les suivants :

  1. Est-ce plus difficile d’attirer 10 000 personnes à St-Profond-du-Bout-du-Monde que 100 000 personnes en région métropolitaine?
  2. Est-ce que le soutien financier des sociétés d’État dans les régions devrait être majoré du fait de l’absence de partenaires privés d’importance en milieu rural par rapport, par exemple, à toutes les contributions accordées aux évènements des grands centres ?
  3. Est-ce qu’il ne faudrait pas limiter dans le temps la durée de la récurrence dans le soutien financier et le faire de façon dégressive dans cet espace-temps?

Il y a peut-être lieu de revoir certaines règles actuelles et de prendre conscience des réalités en région. Une intervention de 400 000 $ en région sur un budget de 3 millions a un effet certain. Mais une intervention de 800 000 $ dans un budget de 30 millions, c’est toujours désiré, mais est-ce efficient à la même hauteur?

Pour les amateurs d’effet de levier, cela fait une belle jambe dans un rapport.

Plusieurs se targuent de mettre en avant-plan les produits du terroir. Mais sommes-nous conscients que ceux-ci viennent de nos régions? Que le sanglier ou le bison ne s’élèvent pas sur Crescent ou Grande Allée! Quoique…

Les vendanges n’ont jamais eu lieu sur les Champs-Élysées, malgré bien des efforts. La France respire bien… lorsque ces poumons ruraux sont en bonne santé. Est-ce que nous sommes si différents comme société? C’est bien beau Facebook, Twitter et cie, mais qui comble nos besoins essentiels?

Le Québec en une image et un slogan

Image tirée du «Plan de développement de l'industrie touristique 2012-2020», Tourisme Québec

La technique de l’entonnoir permet d’aboutir à des résultats renversants. Par le jeu des associations d’idées et l’élimination de ce qui n’obtient pas là, le consensus de la majorité, on peut en arriver à obtenir le résultat désiré initialement. Alain Choquette l’a démontré à nombreuses reprises dans certains tours de magie.

Plus une pyramide est élevée, plus sa base est élargie, plus elle a d’étages et plus son sommet est près du ciel.

Mais est-ce que le sommet est bien conscient de ce qui se passe à sa base? Est-ce que les étages intermédiaires communiquent bien dans les deux sens? Est-ce que tous les étages communiquent dans le même langage?

Passer de 22 visions, 22 cultures, 22 réalités terrain à une image, un slogan, c’est un défi.

Et si la volonté du milieu n’y voit pas une priorité dans son quotidien, ça va prendre un tour de magie pour y arriver à une acceptation et une utilisation prépondérante.

Comme disait le grand-père de Boucar Diouf : «Le vieil homme assis voit plus loin que le jeune homme debout.» Et moi j’ajoute : «Comment peut-on savoir ce que l’autre ignore?» Et surtout : «Comment peut-on ignorer ce que l’autre ne sait pas?»

Il faudrait peut-être se pencher pour voir de plus près nos structures et tenter d’optimiser leur efficience, plutôt que de laisser s’ériger des bases de pyramides, dont le sommet visé sera bien loin de ce qui a motivé la création de la base de celles-ci.

Hum… les vacances vont sûrement être bénéfiques, j’aurai le temps d’écrire… bien assis.

 

L’âme d’entrepreneur

2012 mars 12
par dgtourismemauricie

Les entrepreneurs. Sans eux, nous n’en serions pas là! Laissez-moi vous donner quelques exemples.

Des Français d’origine qui émigrent en 1985, et qui ont ouvert une boulangerie devenue bistro français, à Columbus, Ohio. La Chatelaine de son nom, avec maintenant deux succursales et une terrasse : typiquement français en plein cœur de l’Amérique, depuis 1991. Et ils en vivent très bien.

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Un Suisse d’origine, arrivé depuis peu au Québec. En moins de deux ans, il est à sa deuxième édition d’une compétition relevée de snocross qu’il a mis au monde, trouvé les commanditaires, et qui a attiré plus de 400 coureurs ontariens et américains.

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Un jeune homme dans la trentaine, qui est coureur des bois dans l’âme depuis son adolescence, qui a côtoyé maintes équipes de mécanos de Formule UN dans un passé assez récent, et qui a décidé de louer un vieux relais de motoneige cet hiver avec comme défi, d’offrir quelque chose de différent et correspondant aux goûts de la clientèle.

Rénovations de l’aire d’accueil, revamper l’aire de repos, conclure un bail avec option d’achat, tisser des liens avec toutes les clientèles, offrir une cuisine de bon goût et différente.

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Un membre d’équipage de bateaux de croisières sur le St-Laurent, qui décide de s’éloigner des flots pour remonter dans le temps et transformer un musée thématique en un musée vivant où on vit la thématique des camps de bûcherons d’autrefois. De la vision, de l’imagination, cet entrepreneur disposait de peu de moyens, mais après quelques consultations, il a pris son bâton du pèlerin et a convaincu les plus crédules de le suivre financièrement dans cette aventure.

Deux semaines après son embauche comme directeur au début de l’année 2009, Raymond Gignac apprend de son conseil d’administration que les coffres étant vides, le Musée du Bûcheron fermera les livres. Le site qui a connu ses heures de gloire dans les années 1990, sous la gouverne de son fondateur Viateur Perreault, est à l’image de l’industrie forestière dont il est le gardien de l’histoire: moribond.

L’homme prend quelques jours pour digérer cette nouvelle qui viendrait mettre fin à 30 ans d’histoire. Convaincu du potentiel des lieux, Raymond Gignac persuadera alors le maire du village à l’époque, Marcel Bélanger, de ne pas mettre la clé à la porte. Un plan de rationalisation est mis en place pour traverser la tempête et rembourser les dettes. Puis pour amorcer la saison 2010, on change le nom de l’attrait qui devient le Village forestier Les Piles. Mais surtout, un nouveau concept est proposé aux touristes.

Au lieu de les trimballer d’un bâtiment à l’autre pour regarder des artefacts, les visiteurs sont invités se mettre dans la peau des bûcherons. On monte au camp, c’est l’électrochoc qui réanimera les espoirs à Grandes-Piles. Vêtus comme les travailleurs forestiers, les touristes sont initiés à la vie de chantier. « Les gens aujourd’hui veulent vivre l’histoire, pas seulement la voir », explique Raymond Gignac. La sheer.tv
définition même du tourisme culturel d’expérience!

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Un entrepreneur en extraction et transformation du granit, qui se convertit en 2001 en viticulteur dans une vallée loin des grands centres et de l’activité urbaine.

On pourrait même oser dire qu’il faut se perdre pour s’y retrouver. Quelques années de travail inlassable et aujourd’hui, un vignoble de plus de 30,000 plants, alignés au GPS, où on peut circuler à 0°, 45° et 90°. Tout y est parfaitement aligné, tout y est installé de façon à rendre la tâche facile, tant pour le travail avant, pendant et après la récolte. Et des possibilités d’expansion pour plus du double de récolte. Un vin rouge, bien rond en bouche, un vin blanc joufflu et un porto qui sait se mesurer aux meilleurs. Toutes les expériences de cet ancien manufacturier, mises à profit pour simplifier et contrôler la qualité du produit à tout moment.

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Et que dire de ces deux jeunes entrepreneurs qui ont monté de toutes pièces un zoo de reptiles en Mauricie. À ce moment-ci, ils sillonnent les écoles de la province, les cours de biologie et de médecine vétérinaire pour mieux faire connaître ces « bibites »

Ils ambitionnent maintenant de construire un zoo intérieur avec différentes thématiques pour que le visiteur puisse vivre au rythme des reptiles.

Brrrrrrrrrrrrr. Pas certain que j’en sois le meilleur adepte. Mais cela séduit déjà une clientèle précise.

Mais pourquoi parler de ces entrepreneurs si différents?

Les grands théoriciens qui n’ont jamais été personnellement en affaires tenteront de vous convaincre que l’entrepreneuriat, cela s’apprend à l’école.

Ils auront beau analyser, digérer et concevoir multiples tableaux et courbes en couleurs, mais jamais ils n’ont eu à investir de leur argent dans un projet, quitte à hypothéquer leur maison. Jamais à préférer faire l’achat d’un nouvel équipement plutôt que de prendre un REER. Ils n’ont jamais eu à quémander une marge de crédit pour un projet d’expansion.

Être entrepreneur à 30, 40, 50 ou 60 ans, c’est un gène qui existe en soi avant tout. Certaines études tendent même à le confirmer. On peut améliorer ses qualités d’entrepreneur, mais quelque chose doit exister à priori en soi.

On ne peut pas transformer tous les déserts en oasis, sinon à quoi serviraient les chameaux?

Pourquoi ce billet à ce moment-ci?

Parce que ce sont eux, ces entrepreneurs, que je célèbre lors des grands prix du tourisme. Et sans eux, je n’aurais pas de raison de faire mon travail.

Bravo à ceux qui osent.