10 projets du siècle pour changer Montréal, le même mur
«Les 10 projets du siècle pour changer Montréal, ou pour redorer son blason» (Cyberpresse) …
J’ai eu le souffle coupé, subjugué, je suis demeuré sans voix. On nous présentait dernièrement dans La Presse les 10 meilleures propositions sur les 381 idées reçues.
Je ne sais pas s’il s’agissait d’un concours d’esthétisme, mais je ne reviens tout simplement pas du résultat. Et pour ajouter à ce choix des meilleurs projets (sic…), on osera demander aux élus ou aux futurs élus de se prononcer sur leur engagement à réaliser ceux-ci, après un vote sur les trois meilleurs.
À vos pinceaux!
Peinturer des silos et des ponts, hum… Il y a de quoi changer l’allure de Montréal et passer au mode du rê ve en couleur. Je crois que les auteurs ont eu une petite gêne-là. Pourquoi ne pas peinturer les artères et les voies de circulation réservées? Et les buildings gris et maussades ? Et les feuilles vertes du mont Royal ? Et le bleu du lac des Castors? Et tant qu’à faire, pourquoi ne pas envisager de repeindre les pistes en béton de Montréal-Trudeau?
On pourrait ainsi dérouler le tapis rouge, comme le clamait une certaine publicité récente:
Aménagement de fontaines publiques et taxis cabs
Comme je suis fumeur, j’ai certainement un petit mot à dire sur la destinée du Stade olympique. Une piscine à vagues? Intéressant, mais qu’adviendra-t-il, lorsque les structures laisseront les eaux s’écouler comme toute piscine hors-terre après quelques années?
Les trois millions de personnes qui demeurent à proximité pourront certainement hé ler un taxi orange.
Névrose hivernale
Mais là, à un certain point dans ma lecture, je suis demeuré bouche bée : changer l’hiver en été permanent, quand on me souligne que « les Montréalais (…) ont un rapport névrotique avec l’hiver ».
J’espère que les chameaux ou dromadaires du Sahara n’ont pas un rapport névrotique avec le sable. Peut-être faudrait-il importer des espèces de la zone arctique pour mettre un peu d’animation en saison hivernale : quelques ours polaires, des morses, des rorquals communs… Quoique, ils sont peut-être déjà implantés. Allez donc y voir.
La couleur qui cache le mur
Lorsque j’ai à me présenter à une réunion au centre-ville de Montréal à 9h00 le matin, on me dit d’utiliser les transports en commun afin de garder l’ environnement pur et sain. Soit! Mais lorsque le métro s’arrête brusquement et que la ligne est fermée pendant plusieurs heures, et que je doive utiliser un taxi ou plutôt prévoir prendre une chambre d’hôtel la veille, je ne crois pas que les nouvelles couleurs des ponts vont calmer ma grogne.
Rappelez-vous. Beaucoup d’entre vous avez déjà vu une autoroute construite à coups de millions de nos taxes se terminer devant un mur de roc. Comme si de toute façon, et à force de négliger nos infrastructures (littéralement et d’un point de vue touristique) au détriment des grands artifices, nous allions vers un mur incontournable.
Tiens. Ça doit être pour cela qu’il y a un festival Juste pour Rire et un Grand Rire Bleue…
La couleur des régions
Je me demande bi en ce que nous devrions peinturer en province. Quelle est la couleur de notre acharnement ? Ou plutôt, ce que les gens des zones urbaines pourraient apprendre de nos régions «dévitalisées» et de ceux qui luttent pour y survivre. Des régions remplies de couleurs.


