Le développement TOUT RISQUE TIQUE
J’ai pataugé longuement dans ma mémoire sélective et jamais je n’ai vu autant d’efforts se concentrer sur le dé veloppement TOUT RISQUE TIQU E. Cela ressemble à une vague de fond depuis quelques années.
Pourquoi l’épeler ainsi?
Parce qu’il traduit bien une réalité fondamentale que tous les artisans de ce secteur ont à faire face un jour ou l’autre. La réussite dans ce domaine n’est pas monnaie courante et elle nécessite des voltiges financières de tous les instants. La réussite nécessite des qualités d’entrepreneur, de leader, de gestionnaire, de rassembleur, de promoteur, de connaissance du marché et de sa concurrence et un pouvoir de conviction hors du commun auprès des institutions financières et des autres instances qui peuvent l’appuyer, car le taux de réussite financière est historiquement bien peu élevé.
Les forces du marché
Pourquoi est-il si peu élevé? Parce que les forces du marché y sont dénaturées. Parce qu’on fait trop souvent appel à l’État-providence pour la soutenir dans ses opérations courantes. Hélas, parce qu’on connait souvent trop peu les variables qui agissent dans le secteur touristique.
Avec la dégringolade de notre structure manufacturière, bien souvent mono- industri elle dans plusieurs villages ou régions du Québec, la seule issue qui apparaît sur les radars de certains, semble le virage vers le développement touristique. Hélas, il en résultera un développement TOUT RISQUE TIQUE.
La saisonnalité de l’industrie touristique
Les secteurs d’exploitation forestière ou minière ont connu des années d’opérations stables, où les opérations se réalisaient de façon continue à l’année. Et, d’un seul trait, devant les revers de fortune de cette industrie, on s’imagine remplacer ces matières premières qui sortaient de la région par des touristes qui y entreront en un flot continu et ininterrompu. Là est tout le paradoxe de la méconnaissance de cette industrie de remplacement. Il n’ en est pas ainsi. Les forces du marché y sont fort différentes.
Un court examen de nos propres habitudes de vacances vient en grande partie soutenir mon propos. Laissez-moi vous dresser quelques questions simples:
- Avez-vous déjà pris 2 semaines hormis la chasse et la pêche, de vacances consécutives au Québec entre le 1er octobre et le 20 décembre? Ou bien entre le 15 mars et le 15 mai ?
- Si vous aviez le choix de prendre vos vacances seulement lors de ces périodes, est-ce que vous retiendriez le Québec comme destination privilégiée ou une destination du Sud, à 30°C au même prix, voire même, parfois moins coûteuse?
- Pouvez-vous nommer 10 évènements touristiques majeurs se déroulant au cours de ces périodes?
J’ose croire que je connais la tangente des réponses obtenues et c’est cela que je veux mettre en relief. L’industrie touristique en région ne bénéficie que de sept à huit mois au maximum pour se rentabiliser, sauf de rares exceptions qui bénéficient quelque peu du tourisme d’affaires, mais à un niveau d’intensité réduit. C’est fort différent de la stabilité historique des opérations industrielles. En consultant les données historiques de Tourisme Québec pour les régions, on perçoit cette réalité de façon évidente.
Aussi, j’en conclus que le secteur touristique doit affronter des contraintes bien plus grandes que d’autres secteurs économiques.
L’évolution des besoins et demandes du consommateur
De plus, je n’ose avancer sur le terrain du renouvellement de l’offre pour répondre aux goûts de la clientèle qui évoluent. En tourisme, on ne peut offrir perpétuellement un 2 x 4 non plané issu d’un billot de 12 pouces de diamètre. Aujourd’hui, nos clientèles le désirent issu d’une forêt aménagée de façon durable et demain, elle l’exigera en pièces de récupération emboutées. Gérer ces changements selon les exigences en évolution représente un dé fi de tous les instants.
Pourquoi je TIQUE? Parce que toute réussite est basée sur une vision claire et à long terme et de plusieurs ingrédients d’affaires que l’on retrouve rarement chez un seul individu. Lorsqu’on prend connaissance de biographies ou reportages sur des réussites d’affaires, tous domaines confondus, en général il appert que la tête dirigeante de ladite entreprise attribue une grande part de son succès à son équipe et à ses employés.
Les facteurs de succès
Combien d’entreprises touristiques présentent une solide é quipe de gestion ? Combien d’entreprises touristiques présentent une réussite financière qui permettra d’assurer une pérennité? Combien d’entreprises touristiques ont un plan de relève assuré? Combien de ces entreprises ont établi un plan de développement et de renouvellement de leur offre? Combien ont un plan de promotion qui ne varie pas au gré du vent?
C’est pour cela que je TIQUE. L’entrepreneurship, le leadership et la vision, cela se développe par différents moyens, mais les ingrédients de base doivent être bien présents dès le début. Toute réussite d’affaires n’a jamais été improvisée. Elle est souvent le fruit de profiter des occasions d’affaires, mais encore faut-il savoir les reconnaître et être prêt à y miser tout son avoir en tout premier lieu.
Est-ce que tout cela est analysé, favorisé et soutenu dans nos milieux?
Est-ce que nous sommes sérieux dans cette industrie ?
Il y a en Mauricie, des succès d’affaires en tourisme. Il y a en Mauricie des entreprises touristiques qui présentent des perspectives de réussite d’affaires. Il y a en Mauricie des produits touristiques distinctifs et attractifs. Et il en est de même dans tout le Québec.
Est-ce que nous de devrions pas les soutenir de façon plus étroite, dans un cadre d’affaires? Mais comment?
Dans un concept gagnant-gagnant. Un win-win deal !
L’entreprise et ses promoteurs investissent et l’État régional, provincial et fédéral investissent.
L’entreprise réalise des profits ou surplus et les promoteurs en tirent avantage et l’État récupè re ses investissements.
C’est simple et équitable, non?



