Les touristes sont-ils toujours accueillis à leur juste valeur?
Enfin, un touriste imprévu qu’aucune calamité n’arrête!
En effet, depuis quelques mois, toutes les destinations mondiales reçoivent ces touristes totalement imprévus, il y a moins d’un an. C’est probablement le seul élément en croissance dans de nombreuses destinations touristiques à la grandeur de la planète en 2009.
Et, chose la plus surprenante, celui-ci fait courir les foules. Il crée même de longues files d’attente. Il est beaucoup plus connu que nos équipes de hockey ou de football. Tout le monde en par le et tout le monde en parle tout le temps.
Tout un effet touristique et surtout médiatique
Ça devient même quelque peu agaçant, parce que beaucoup émettent des commentaires les plus surprenants et rarement documentés. Si je fais le décompte de la revue de presse québécoise, ce touriste occupe un espace dans celle-ci à chaque jour, que ce soit à la télé, dans les journaux, à la radio et sur Internet. Aucune campagne publicitaire, aucune entreprise n’aurait eu les moyens de se payer ce niveau de publicité. Et il en est de même à la grandeur de la planète.
Et pourtant, on nous avait prévenus que ce touriste arrivait. On a bien tenté de nous prévenir de multiples façons. Mais nous étions tous incrédules pour la majorité. De plus, les hautes instances nous promettaient bien d’être prêtes à le recevoir avec toute la rigueur que cela imposait, et en déployant les efforts supposément identifiés et sous contrôle. On saurait le traiter « aux petits oignons ».
Lorsqu’il est arrivé, il l’a fait bien silencieusement, jusqu’à ce quelques spécialistes l’identifient. Hé oui, ils l’ont démasqué. Mais il était déjà présent partout, enfin, c’est ce que nous avons pu lire ou entendre.
On fait de notre mieux! Hum…
Mais le plus incroyable, ce sont les résultantes de l’arrivée de ce touriste inopiné. Nos services étaient et sont encore à court de moyens pour le recevoir adéquatement. Une grande partie de la population a finalement accepté de l’accueillir selon les règles de l’art que celui-ci exige. Mais elle se retrouve devant un manque de soutien et surtout de moyens de la part de ceux qui avaient brandi bien haut l’ imminence de cette visite.
Pourquoi faire un billet sur ce touriste très connu? Parce que le parallèle avec l’industrie de la santé est du tourisme est facile à établir. Vous me direz que la santé n’est pas une industrie ? Bien au contraire. Parlez-en aux pharmaceutiques ou consultez leurs résultats financiers.
La situation actuelle de l’évolution du dossier de la grippe H1N1, vous l’aviez sans doute deviné, ressemble à s’y méprendre à certaines situations dans l’industrie touristique.
On fait de la promotion croisée, mixte, verticale et horizontale. Tous les médias y sont impliqués et en bénéficient abondamment. On interpelle les gens sur l’importance de la formation et de la capacité d’accueil de qualité.
Le mur-à-mur : le nivellement par la base
Hélas, une fois que les résultats se matérialisent, on s’aperçoit que les grandes règles d’application ont été établies dans un modèle unique et mur-à-mur qui a été souvent é tabli bien loin du terrain. L’expérience du passé ne semble pas être prise en compte.
Ces règles ne répondent pas ou peu aux spécificités des zones touristiques bien différentes les unes des autres. Et on se surprend que chaque région ne réussisse pas à profiter de la manne.
En contrepartie, dans le but de ne pas perdre son identité – laquelle, je me le demande bien – chaque région, chaque MRC, chaque ville, qui se défendent bien de faire partie d’une zone homogène, y ajoutent leurs façons de faire technocratiques.
En conséquence, tous en prennent pour leur rhume, oups… pour leur grippe et le touriste s’ enfuit devant tant de confusion des genres. Nonobstant tous les efforts réalisés, on s’étonne des résultats obtenus.
Y a-t-il une vision ou si on se contente de peu ?
Mais il arrive que parfois, rarement même, un ou des leaders émergent pour donner une voie, une vision, une route à suivre. Hélas, ils ont toujours une légère tendance à se sentir inoculé d’une invincibilité qui empêche l’ajout d’appuis qui seraient essentiels à l’accomplissement de leurs idées. Et cela, ça amenuise leurs chances de succès à moyen terme. Toutefois, ils ont en eux des éléments rares : une vision, des objectifs et une grande volonté. Ce sont des gagnants, mais éphémères.
Le prochain afflux touristique?
- Ah oui, la prochaine pandémie, hum le prochain touriste… ce sera la grippe chinoise.
- À ne pas oublier, ils sont plus d’un milliard et demi, rien de moins.
- Nos voisins du Sud et leur Buy American en savent quelque chose.
- Bien plus facile de fermer les frontières au 2×4 à la frontière du Nord plutôt que d’affronter les chinoiseries de chez Wal-Mart.
- De toute façon, tout est la faute du 11 septembre et d’Oussama.
J’ai déjà suggéré l’idée saugrenue de revoir les façons de faire.
Mais on a bien tenté de me convaincre, hélas, que rien ne changerait de façon marquée, tant que nous ne serons pas dans une position obligée. J’ai toujours préféré organiser que me faire organiser, tel à ce que nous assistons dans cette pandémie. De plus, c’est tellement facile de critiquer tout, mais de ne rien proposer en contrepartie.
Bernie l’avait bien dit : même si je ne suis pas le plus plaisant, vous allez payer pour me revoir et… on va payer.
S’il faut payer pour apprendre, il faut croire qu’on a beaucoup à apprendre.



