Les fusions, c’est-ti bon? : réflexion sur la structurïte généralisée

2010 janvier 8
par dgtourismemauricie

Question de vous mettre en appétit, voici une image qui fait école lorsqu’on réfère à l’éternel sujet des structures. Et un clin d’œil au fait qu’on peut parfois me comparer, à ma manière, à Obélix… tout en se rappelant qu’Obélix a bien réussi à venir à bout de la maison des fous finalement. Et c’est précisément ce que je vous invite à faire.

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Les fusions

À regarder les résultats des différentes fusions dans les grands centres urbains, cette solution (panacée?) économique aux problèmes de financement récurrents ne semble pas avoir donné les résultats attendus. Pourquoi ce processus n’a-t-il pas atteint l’efficacité souhaitée? La réponse est tellement simple. Tout entrepreneur qui a déjà géré ce genre de processus connaît les éléments requis pour en faire un succès. Mais qui a demandé conseil à ceux-ci, qui les a réussis? Personne.

En fait, on n’a pas mis le cadre de travail et les conditions gagnantes en place pour réussir celles-ci.

Beaucoup de ces centres urbains ont choisi de bâtir des modèles à géométrie géopolitique variable tellement complexes que tout le monde s’y perd et que bien peu d’économies se réalisent. On n’a fait qu’intégrer les organigrammes triangulaires pour grossir chacune des alcôves, voire royaumes. Et a-t-on fixé les objectifs d’efficience à atteindre? Honni soit qui ose le chuchoter. Au Québec, on aime la structurïte et on performe au moins dans cela.

L’efficience de la chose municipale

Dévitalisé dites-vous?, Le Nouvelliste, 5 janvier 2010

J’ai osé avancer le mot fusion devant des élus municipaux tout récemment. Ouffffffff. Je n’avais pas de gilet pare-balles. Je me suis senti transpercé des regards.

J’étais un impie, un athée de la chose municipale. Je soulevais des questionnements qu’il ne fallait pas. Je ne comprenais rien à l’importance du sentiment d’appartenance, malgré la dévitalisation de certains milieux. En fait, ce que j’en ai compris, on aimait mieux être premiers dans les moins performants que second dans les plus performants.

Alors, j’ai préféré sourire. La chose municipale est probablement le giron politique le plus fondamental de notre société québécoise, mais dont l’efficience n’est définitivement pas un objectif de premier plan. Pourquoi les Ontariens – bien oui, ceux-là – sont-ils plus de 9 millions de population avec 3 fois moins de municipalités et qu’ils «occupent» tout de même leur territoire? Pourquoi sont-ils globalement moins taxés que les Québécois?

Mais, ce n’est surtout pas une équation à intégrer dans l’algorithme du simplex. Ce serait trop simple!!!

Une question qui se pose en santé…

Santé

Dans nos hôpitaux, combien y a-t-il de personnes dédiées aux soins des patients (en effet, ils doivent être passablement patients…) versus le nombre de gens dédiés au crayon, au papier et aux rapports? «Ah, tu sais, tu n’y comprends rien… C’est complexe la santé!» m’a-t-on dit.

Pas grave, si on n’aime pas, on peut s’enrôler dans la nouvelle tendance, soit le tourisme de santé. Il y a des pays qui sont prêts à nous accueillir, nous soigner rapidement et ce, à un prix décent.

… Dans le domaine des transports

Construction

Dans le nombre incalculable de chantiers routiers qui «égayent» nos vacances estivales, combien de casques blancs avez-vous vu regarder, conseiller, discuter devant un travailleur qui s’active? ? «Ah, tu sais, tu n’y comprends rien… C’est complexe les travaux routiers!» m’a-t-on dit.

Pas grave, si on n’aime pas cela, on peut toujours aller à Cuba. Il n’y a pas de glace noire sur les routes, ni de 511. En fait, y a pas de route et ça coûte pas cher.

… En éducation

Éducation

Dans notre système scolaire, quel est le ratio des gens qui sont en contact quotidien avec des élèves versus ceux qui pensent, rédigent, bousculent ce qui allait bien? Ceux qui font en sorte que nos étudiants ne savent que très rarement composer et encore… qui savent à peine écrire leur français? Je le sais, je ne suis pas parfait. Mais lorsque je vois les fautes dans certains textes, alors là, c’est assez grave, car je me considère seulement dans la moyenne à ce niveau. «Ah, tu sais, tu n’y comprends rien… C’est complexe le français! Il fallait une réforme vers les acquis!» m’a-t-on dit.

Pas grave, si on n’aime pas cela, on peut toujours parler et écrire en onomatopées comme sur le «Ouèbe». Et on aura au moins le plaisir de lire à haute voix pour tenter de comprendre ce que nous lisons. C’est un plaisir incommensurable auquel je n’arrive pas à trouver quelque jouissance fût-elle.

… Et certainement en tourisme

Tourisme

Ce sont ces mêmes réflexions que je me pose sur le modèle de l’industrie touristique. Est-ce qu’on a atteint le sommet de l’efficience actuellement? Les retombées de cette industrie stagnent.

Bof… On a tellement d’excuses pour ne rien changer. Tout le monde parle d’indices de résultats, mais tout le monde en parle tout le temps et ça devient lassant. Parce que bien peu a été fait à ce niveau. Parce que les résultats amèneraient certainement à d’autres questionnements.

Mais j’ai une lueur d’espoir. Je regarde aller les changements au Ministère de l’Agriculture et aux efforts réalisés par leur ministre et j’ose penser qu’il y aura des « copier-coller » dans d’autres secteurs.

«Vient la douche froide : le ministre diminue de 100 millions de dollars le budget annuel de la banque des agriculteurs pour l’établir à 630 millions de dollars.»

- La fin du statu quo, lesaffaires.com, 1er décembre 2009

Car la limite en tout, c’est lorsque celui qui paye pour les incohérences et l’inefficience décide qu’assez, c’est assez.

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