Les fusions et le fameux sentiment d’appartenance : Qu’en est-il, une fois pour toutes

2010 janvier 15
par dgtourismemauricie

Source: Rodrigo Basaure sur Flickr

À toutes les occasions où j’ai mentionné fusion, je suis toujours demeuré surpris de la réaction vive et émotive de mes interlocuteurs. Si ce n’était pas des regards réprobateurs, ils étaient presque assassins. Rien de moins. Je voulais entamer une discussion sans idées préconçues sur les avantages et inconvénients d’une fusion éventuelle de telle ou telle activité ou structure et on m’envoyait paître avec l’éternelle réplique du fait que je ne tenais pas compte du sentiment d’appartenance.

J’ai donc fait mes recherches, parce que je ne suis jamais arrivé à comprendre le lien de cause à effet entre le sentiment d’appartenance et la réaction vive engendrée par le mot sacré fusion.

Définition du sentiment d’appartenance

Pertinence du sentiment d’appartenance

Le sentiment d’appartenir à un pays, à une région et à une collectivité locale peut influencer le sentiment d’identité des gens et la mesure dans laquelle ils participent à la société. En général, un sentiment d’appartenance fort est lié de façon positive au fait de se déclarer en bonne santé physique et mentale. Un sentiment d’appartenance fort des gens contribue aussi au mieux-être des individus et de leur collectivité.

- Ressources humaines et Développement des compétences Canada

Mais cette définition, cet exemple m’a laissé sur ma faim, alors j’ai trouvé ceci :

Vivre un sentiment d’appartenance

«J’ai des amis. Je me sens important pour eux. Ils sont importants pour moi. Nous partageons nos sentiments, nos idées et nos jeux. Nous vivons des activités ensemble.» C’est dans ces mots qu’un enfant décrit ce qu’est un sentiment d’appartenance.

- Solange Hinse-Luneau, pédagogue, «L’estime de soi, ça se construit: Vivre un sentiment d’appartenance», Magazine Parents

J’en ai donc conclu que ma piste de solution à certaines situations, là où je faisais allusion à des fusions comme solutions purement économiques, n’était d’aucune façon entrée en confrontation avec la définition du sentiment d’appartenance. Poursuivons.

L’appartenance, qu’osse ça donne… supposément

carreaute

Je me suis remémoré certains commentaires qui furent ajoutés alors pour réduire à néant mon désir d’explorer des pistes de solution à la situation actuelle. En effet, on m’a souligné de surcroit «l’importance de l’occupation du territoire et des axes transversaux». Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai eu comme une impression de démagogie où on associe des demi-vérités ensemble et on en tire des conclusions totalement erronées.

Toutefois, j’ai tenté de comprendre les situations auxquelles mes interlocuteurs associent le sentiment d’appartenance, un intouchable auquel ceux-ci tiennent mordicus comme obstacle incontournable à toute discussion sur les fusions. J’en énumère ici quelques-unes :

  1. Le fait que l’on connaisse de façon prépondérante son voisinage par rapport à un nouvel arrivant. Note : Donc semble-t-il que dans un petit village, si tu n’y es pas né, tu seras toujours considéré comme un étrange et tu ne pourras jamais comprendre les locaux. C’est un fait vécu cela, et encore très présent. Ça doit être un principe d’accueil et d’ouverture qui m’est inconnu.
  2. Le fait de connaître de façon prépondérante l’histoire du patelin, les travers de chaque famille et l’historique, parfois amplifié, de chacune. Ça permet de demeurer appuyé plus longtemps au comptoir de la station-service ou du dépanneur, avec la sempiternelle question : «Pis, à part de cela, comment ça va ?».
  3. Le fait qu’on nous salue par son nom à l’épicerie, au bureau de poste ou à la caisse populaire, alors qu’un étrange, lui, se voit plutôt examiné, dévisagé et jugé. En effet, cela est avantageux quand tu viens du coin, puisque tu peux porter du carrelé avec du rayé à outrance et personne ne t’en tient rigueur. Mais les étranges, par contre…
  4. Le fait qu’on soit reconnu par les gens de son milieu selon le métier ou la profession que l’on exerce et que l’on fasse appel à nos services dans son domaine d’expertise.
  5. Le fait que l’on nous demande de participer à un conseil d’administration d’un évènement, d’une association ou à un conseil municipal, alors on se sent inclus dans sa communauté.

Et cela, je crois que c’est faussement lié au sempiternel sentiment d’appartenance qu’on veut bien me marteler à répétition. En vérité, selon mon appréciation de chacun des éléments, il s’agit d’un tout autre sentiment.

Je suis reconnu, donc je suis, donc j’existe.

combat-bisons

Si le groupe de référence auquel j’associe mon sentiment d’appartenance se trouve agrandi ou modifié, c’est en fait la place que j’occupais et un tout autre sentiment que je croyais exercer qui se trouvent remis en cause. Et non pas mon «appartenance».

Si effectivement, je ne suis plus le bienvenu dans le nouveau groupe modifié ou agrandi, alors ce sera mon sentiment d’appartenance que je remettrai en cause.

Mais dans un travail au service de ses membres ou de sa communauté, est-ce que c’est SA place (d’autres liront statu quo) qui doit être prépondérante sur le bien (lire efficience) du groupe ou de la communauté ?

Alors si on ne parle plus ici de sentiment d’appartenance, de quel sentiment parle-t-on au juste?

Quelques pistes de réflexion

C’est donc ma question du jour.

Pour y répondre, vous pourrez fort probablement faire les liens entre mon précédent billet (Les fusions, c’est-ti bon? : réflexion sur la structurïte généralisée), celui-ci et ceux qui viendront et en tirez vos propres conclusions, maintenant que j’ai éclairci ce point.

En tout cas, il l’est pour moi.

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