Le cube Rubik: Est-ce plus fort qu’un carré d’as?
< a href="http://www.flickr.com/photos/bramus/3249196137/" target="_blank">
Les vieux comme moi s’en rappelleront. Tout un casse-tête à réaliser et beaucoup de logique à déployer dans les mouvements à effectuer. Et pas de hasard comme aux cartes.
Pour les plus jeunes, il s’agissait d’un cube dont les six surfaces ont chacune une couleur respective : bleu, blanc, rouge, bleu, vert et orange. Chaque surface était composée de neuf petites surfaces. On pouvait déplacer les surfaces d’un côté par groupe de trois, que ce soit verticalement ou horizontalement.
Le jeu consistait à reconstituer chaque surface en regroupant les couleurs semblables sur cette même surface totale de neuf petites surfaces. Naturellement, un bon samaritain devait initialement mélanger les couleurs en déplaçant les surfaces en tout sens et sans aucune règle.
Pendant près de dix ans, ce casse-tête fut passablement à la mode et constituait tout un défi pour ceux qui s’y sont essayés. J’ai moi-même résolu à peine quelques fois ce puzzle en trois dimensions.
Mais qu’est-ce que le cube Rubik peut bien avoir comme relation avec l’industrie touristique? Est-ce une nouvelle énigme? Ai-je subi trop de soleil ou de chaleur et on en viendra maintenant à souhaiter de la plui e ?
Non, pas du tout.
Cube Rubik/industrie touristique: le lien
C’est plutôt le fruit d’une réunion récente qui m’a inspiré cette réflexion et d’autres qui ont précédé au cours des années. Vis-à-vis des entreprises partenaires ou, en tout cas (on nous l’a assez répété à ce jour), s’occupant de secteurs précis ou dédiés. J’ai fait alors un lien quasi incroyable.
Gérer une ATR me semble relever de la même complexité que de résoudre l’énigme du cube Rubik. Nous avons à composer avec des membres opérant dans des domaines parfois très différents : hôtels, gîtes, campings, évènements de petite, moyenne et grande envergure, sites et attraits, restaurants, entreprises d’aventure et de plein air, centre de ski, activités culturelles, musées, spectacles, pourvoiries, auberges champêtres de destination, spas, terrains de golf, centres équestres, piscines à vagues, spectacles, théâtres d’été, les artisans en agrotourisme, etc. Et j’en oublie certainement.
Mais ce que je sais, c’est qu’ils composent tout notre quotidien. Pour rendre cela un peu plus acrobatique, ajoutons à cela les organismes locaux de développement, les villes ou MRC, les CRÉ et les bureaux de congrès. Pour clore le tout, il ne faut pas oublier les intervenants des niveaux provincial et fédéral, que ce soit au touristique, au culturel, aux ressources naturelles, à l’alimentation ou à l’économique. Cela crée inévitablement une dynamique, une cinétique, un mouvement perpétuel issu de la présence de chacun dans notre environnement quotidien. Et on tente de faire travailler toutes ces entreprises ensemble et d’éviter des situations de silo.
Toutefois, imaginez un pays divisé en dix provinces, une de ses provinces divisées en 17 régions. Une région divisée en six villes, agglomérations ou MRC. Une MRC divisée en dix villages et un de ces villages d’environ 1000 habitants. Imaginez le coût et l’effet réel d’une agence de promotion pour chaque niveau. Sentiment d’appartenance et notoriété locale qu’on me dira.
Je me demande si à Poitiers, Nantes et Lille, ils seront saisis de ces efforts de promotion. Comme je dirais, cela a de quoi occuper son homme ou sa femme, c’est selon…
Le JE du MOI au NOUS

Alors, à une de ces fameuses réunions, quand un représentant d’une association sectorielle se permet de me dire comment je devrais avantager SES clients homogènes, sinon – et à bien y repenser selon lui – que je devrais plutôt LUI confier une partie de mon budget, car il pourra mieux servir SES clients que ce que je peux offrir à ceux-ci individuellement, j’ai comme des petits boutons. Oui oui, ils sont tous petits, mais ils piquent quelque peu. Alors, je me gratte et je n’écoute plus. Ou à peine, question de politesse.
J’imagine alors mon interlocuteur manier un superbe cube Rubik UNICOLORE et m’avouer, sinon clamer, son succès à chaque mouvement qu’il exécute. Alors, je suis tout ébahi, transfiguré devant tant d’adresse.
Bien, il faut l’avouer, l’homogénéité, c’est beau tout de même. Ça a du cachet. Et j’oserais ajouter que c’est comme un tout petit peu plus simple à gérer.
Alors, si une tierce partie vient me clamer que ces entreprises sectorielles sont de nature plus simple à conclure des ententes, j’approuve. Il a tout à fait raison. Mais cela, c’est de la mise en place d’entreprises en silo.
Mais est-ce qu’on atteint le but de la commercialisation de tous les produits ?
L’axe des « Z » en tourisme
Et si on soutient de façon accrue les activités de promotion de telles entités, aussi bien redécouper le Québec en tranche produit. On devrait avoir le compte avec 98 ou 206 associations sectorielles. Quelque chose comme…
Mais est-ce que les composantes (entreprises) de chaque silo offriront une meilleure qualité? Quoi, ce n’est pas assuré? N’est-ce pas là le rôle évident d’une sectorielle du fait que ses membres sont homogènes? Peut-être que mon propos n’est pas dans la nuance, mais les affirmations ci-dessus à ce sujet ne l’étaient souventes fois non plus.
Alors, pour les plus virtuoses, voici une forme inusitée à transformer en cube.

Croyez-moi, ça c’est du cube à résoudre. Passablement plus complexe qu’un dossier de sectoriel.
Le défi d’une société structurante de structures!
Il y a de la redondance, de la duplication et de l’inefficacité, c’est évident. Qui donc va mettre son pied à terre? Est-ce que la dimension politique saisira la problématique?
S’il n’y a rien à changer, alors pourquoi se surprendre des résultats obtenus.




Bonjour André, enfin je prends le temps de lire ton « blogue ». je trouve, très sincèrement, à propos ton contenu et ta réflexion. Même si je suis très jeune (au niveau de la dg) je crois que nous devons nous poser ce genre de réflexion si nous voulons grandir et apporter des solutions positives. je reconnais dans ce « puzzel » ma région à bien des égars et je crois que beaucoup de nos confrères on cette même réalité. nous devons tous y travailler et ce rapidement.
à bientôt!
Grétha
Merci André de nous rappeler que la fluidité n’est pas toujours transparente! Je me souviens d’avoir, tout comme toi, résolu le défis du Cube. Voilà pourquoi on réussit à reconnecter les silos, question d’en faire des vases communicants. C’est la beauté de l’industrie touristique: tout le monde s’en mêle, en fonction de ses attentes! En plus de la spécialité du Rubik, nous dans les ATR sommes aussi excellents au Dapasada (Serpents et échelles)!!!
Le cube ne m’a jamais réellement intéressé. Trop complexe et surtout pendant que je tentais de le résoudre, je passais à côté d’un temps précieux que je pouvais appliquer à résoudre autre chose. Le dit cube était alors invariablement laissé sur la bibliothèque comme un trophée inachevé pour que tout un chacun puisse me dire : «Ah ! un cube Rubik; c’est difficile hein ?».
Oui difficile, mais oh combien intéressant à regarder pour en apprécier la complexité.
J’aime à dire que lorsque j’ai été engagé à l’ATR du Pays des Géants tout le monde me disait que c’était la meilleure école pour me former aux différentes techniques de combat et qu’après mon passage ici, formé à la dure, je pourrais facilement travailler n’importe où. Et bien, je peux facilement dire qu’aujourd’hui, je suis un expert toute catégorie confondue d’arts martiaux mixtes.
Par contre, il y aura toujours quelqu’un quelque part pour penser que dans une ATR nous vivons dans une tour blanche, à l’image de Saroumane, déconnecté de la réalité du terrain. Or, cela est faux. Faux, car tous les jours de notre tour nous observons le terrain devant nous comme celui qui observait le cube Rubik dans ma bibliothèque en nous disant : «Ah ! une industrie touristique, c’est difficile hein ?». Oui, c’est difficile, mais oh combien intéressant à travailler pour en apprécier l’étendue de sa complexité.
À la différence du Rubik, je m’attarde aujourd’hui à en résoudre le ou les problèmes. Quelques fois, une personne me donne un coup de mains et alors j’effectue une avancée dans la résolution du problème. En d’autres occasions, des forces occultes s’interposent et me retirent le cube des mains pour le mélanger à nouveau. Invariablement, je reprends où j’étais. Souvent désabusé, mais jamais déçu.
À l’instar de Jules César, par contre, je n’ai pas encore eu la chance de pouvoir affirmer de mon passage chez les GÉANTS : «Veni, Vidi, Vici». Un jour peut-être ce jour viendra, mais il n’aura pas été le travail d’un seul, mais de toute l’industrie.
Tout comme Maxime, le Rubicube (comme on l’appelle dans l’hexagone) ne m’a jamais intéressée plus d’une 1/2 heure, faute de patience…mais aussi parce que la finalité ne me motivait pas ; elle manquait…d’humanité je dirais. Par contre, la finalité au bout du défi actuel en tourisme est ô combien motivante. Lorsque je suis revenue à Tourisme Mauricie, je l’ai fait pour tous ces travailleurs des petites et grandes entreprises touristiques qui se lèvent chaque matin pour offrir bonheur, émotions et sensations à nos visiteurs. Le tourisme, soupape d’un monde au rythme effreiné, vaut la peine. Il est une véritable industrie, avec ses différents paliers d’intervention. Comme dans toute industrie, la gang de production et la gang de la vente sont souvent en discordance, surtout si la direction n’est pas en mesure de partager avec eux sa vision et l’objectif à atteindre. Et plusieurs domaines industriels canadiens tradionnels nous ont prouvé dans les dernières années qu’une industrie, si elle n’est pas soutenue par une vision concertée et partagée, une connaissance pointue de ses marchés et concurrents, un plan directeur de R&D, et une structure financières forte, devient très facile à déstabiliser voire à démanteler. Alors imaginez quand votre industrie est à la fois jeune et non structurée, et que la concurrence internationale et le comportement du consommateurs sont soumis à des phases de changement intenses récurrents ! Et bien c’est le cas du tourisme. Pourtant, son poids économique et sa valeur social ont été démontrés, chiffres à l’appui, à plusieurs reprises mais elle n’est pas en mesure parler d’une seule voix ni de proposer un modèle économique suffisamment intéressant pour retenir l’attention nécessaire des gouvernements. Money talks ! Alors si la jeunesse de notre industrie nous semble être un handicap, pourquoi ne pas profiter de ce présumé désavantage. Jeunesse = pas de mauvais plis, une meilleure capacité d’adaptation, doublée d’une volonté et d’une motivation à prouver sa valeur. Et dans ce marché en perpétuelle mouvance qu’est le sien, toutes ces qualités ne peuvent que la servir car sa bonne réactivité assurera son succès. De plus, le Québec est reconnu à travers le monde pour sa créativité, et les médias aujourd’hui dominants dans le secteur touristique lui permettront aisément de la mettre à profit pour se démarquer et se faire valoir. Alors de quoi avons-nous peur ; nous sommes tous prêts pour le changement ? Ayons confiance et allons de l’avant !