Longueuil veut quitter la Montérégie… et créer une énième structure

2012 février 3
par dgtourismemauricie

Toute une nouvelle parue dans La Presse ce mercredi: Longueuil veut se séparer de la Montérégie. Mais plus on lit l’article, plus cela semble un drôle d’argumentaire pour en venir à réclamer une dix-huitième région administrative.

On sent des frustrations non écrites qui soutiennent cette requête. «Longueuil peine à se démarquer pour attirer des visiteurs» selon les propos de la mairesse… Enfin, la mairesse St-Hilaire estime que la création d’une région administrative permettrait également de créer un sentiment d’appartenance envers Longueuil.

Chacun son royaume et le bon peuple en fera les frais

Un guide touristique, pour la connaissance de Madame la mairesse, est le reflet des produits touristiques présents sur le territoire. Si celle-ci conclut que Longueuil ne s’y démarque pas ou qu’il n’y a pas assez de pages concernant sa ville, il y a des conclusions à en tirer. Si, en plus, sa ville attire 40% de la clientèle qui fréquente la Montérégie dans son ensemble, que veut-elle de plus? Ma conclusion, c’est que le flot de clientèle qui fréquente Longueuil ne s’y rend pas à cause du guide touristique, mais pour bien d’autres raisons à découvrir.

Mais est-ce là un motif pour se réclamer une région administrative?

Je me demande bien pourquoi Lévis, Saguenay, Gatineau, Blainville, Hauterive ou Baie-Comeau, Trois-Rivières, Rimouski, Saint-Hyacinthe, Sherbrooke ne pourraient pas revendiquer la même requête sur les mêmes bases? Tant qu’à créer des structures, allons à fond, mon Léon. On n’est pas riches, mais on aime cela les structures. Vaut mieux être premier à Saint-Armand -de-la-Patente que deuxième à Paris. Chacun son royaume et le bon peuple en fera les frais.

Pourquoi ne pas se rallier à Montréal alors?

De vouloir quitter la Montérégie, on peut entendre la requête, mais pour une inclusion avec Montréal aurait un sens plus approprié. Combien de gens de cette ville travaillent à Montréal? L’achalandage des ponts est assez révélateur de la réponse. Le sentiment d’appartenance à une région pour ses habitants n’a jamais été lié à sa dénomination…

À moins de créer la nouvelle région administrative du Beigne, rien de moins! En englobant tout ce qui est urbain autour de Montréal, dans un rayon de 5km. De quoi créer un sentiment d’appartenance à Dunkin ou Tim, selon les goûts! Avec une autoroute qui fera le tour du trou de beigne, de quoi décongestionner la métropolitaine. Et ne reculant devant aucune limite, pourquoi pas un métro ou train léger pour en faire aussi le tour?

Découpage des territoires touristiques déficient

Au niveau touristique, je le concède, le découpage des territoires sur une base des limites des régions administratives n’est pas le coup de génie du siècle. J’ai déjà présenté à quelques reprises un découpage à six ou huit entités touristiques distinctes selon des critères de synergie des produits et des marchés visés. On ne m’a pas encore fusillé, parce qu’on cherchait les munitions pour le faire. Pourtant, la cible est facile à atteindre selon ma balance.

Mais je réduisais les structures. Honni soit celui qui ose y penser.

Quant à moi, Longueuil, c’est touristique du style tourisme d’affaires, tout comme Laval. Ces villes permettent de tenir des réunions et congrès sans avoir à trop souffrir de la circulation floue de Montréal. Je dis des âneries? Alors, je vous défie de me nommer un produit attractif de calibre international. J’ose penser que la liste sera courte.

On peut bien vouloir se distancer ou encore se distinguer des zones agricoles quand on se situe en milieu urbain, mais je n’ai pas encore vu de récolte au marché Jean-Talon qui avait été produite sur la rue Notre-Dame. Je n’ai pas encore lu de chronique de Pierre Foglia sur une randonnée en vélo dans Longueuil.

Est-ce à dire qu’ici, lorsqu’on n’obtient pas ce que l’on désire, on doit créer une structure? Ah, les roues de tracteur, c’est succulent comme beigne!

À méditer

Pour conclure, je vous propose la lecture suivante. Court, clair et concis:

Développement touristique: Redécouper le territoire pour mieux vendre le Québec selon François de Grandpré, professeur au Département d’études en loisir, culture et tourisme de l’UQTR (article de Pierre Pinsonnault, Connexion UQTR, décembre 2011).

Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

 

 

3 Réponses laisse un →
  1. Carol Martel permalink
    février 5, 2012

    M.Nollet, je crois que nous sommes dans une période que je nomme (Ctrl-Alt-delete) on aime pas ! on fait pression sur les trois touches et le tour est joué. La logique n’est malheureusement pas souvent au centre de nos pensées pour résoudre une problématique.

  2. février 6, 2012

    Excellente analyse que je partage !!!

  3. février 6, 2012

    Excellente analyse que je partage !

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