Mon mot de bienvenue aux Journées annuelles de l’accueil touristique (JAAT 2011): Plaidoyer pour une industrie touristique supportée à sa juste valeur

On m’a invité, il y a quelques semaines, à pro nonc er une courte allocution à l’occasion de l’ouverture du congrès des Journées annuelles de l’accueil touristique en tant que DG de l’ATR de la région hôtesse. Je serai bref, mais avec du poids dans mon propos.
Hé bien oui, je vais souhaiter à toutes et à tous un excellent séjour et souhaiter que celui-ci soit profitable, énergisant, productif et concluant. Mais ceux qui me connaissent savent aussi fort bien que j’ irai plus loin que ces mots usuels de bienvenue.
Le blogue dgtourismemauricie.com
J’ai débuté mon blogue dgtourismemauricie.com il y a 24 mois. J’ai produit 39 billets d’opinion à saveur éditoriale sur l’industrie touristique et ses éléments qui concernaient directement les responsabilités qui m’incombent.
Peu de commentaires y ont été formulés, mais bien des discussions ou opinions de corridor m’ont cependant été communiquées… parfois chuchotées. Mais jamais personne ne m’a mentionné que j’étais carrément « à côté de la track ». On me fait parfois dire des choses que je n’ai pas écrites, mais je sais rectifier ces situations rapidement.
Mon souhait, mon objectif derrière ce blogue
Oui, il y en a un. Et il est toujours présent.
C’est que d’autres intervenants concernés se lèvent et expriment leur point de vue, qu’ils soient du même avis que moi ou non. Parce que si nous voulons trouver des solutions, il faut soulever les problèmes.
Il y a passablement de gens sur la patinoire de l’industrie touristique, mais pas grand monde pour al ler dans les coins ou pour nettoyer devant le filet. Personnellement, je n’ai jamais craint de prendre un 5 ou 10 minutes au banc des punitions pour corriger un état de situation.
Se faire entendre
Vous savez quoi? L’industrie touristique, c’est plus de 11 milliards de retombées annuelles. Ce n’est pas peu dire cela. Et notre ministère se promène avec quelles armes et quel genre d’armada sur une mer passablement agitée face à la concurrence mondiale?
Oui, je l’affirme, nous sommes tous de bons garçons et de bonnes filles. Trop peu élè vent la voix. Nous sommes de nature docile.
Le budget du Québec est de 66 milliards. Tourisme Québec dispose d’un budget net d’environ 89 millions. Cela représente 0,0013 % du budget provincial. Ce ministère fait ce qu’il peut avec bien peu de moyens. Non, l’industrie touristique n’est pas supportée à sa juste valeur.
Pourquoi? Parce qu’ on ne nous entend pas. Et voilà le défi que nous avons tous et toutes à relever. Le faire savoir.
À vous, maintenant!

Annuellement, vous vous retrouvez à la fin de la saison automnale.
Annuellement, vous avez des espoirs, vous vous exprimez sur les changements à apporter pour que la fonction de l’accueil s’ accomplisse avec tout le professionnalisme requis.
Annuellement, vous, les gestionnaires de l’accueil, devez prendre le bâton du pèlerin et tenter d’aller convaincre le gouvernement fédéral, les CRÉ, les MRC, les municipalités de poursuivre leur soutien financier. (Si vous remarquez, il manque un joueur…)
Annuellement, vous vous cassez la tête pour trouver de nouvelles façons ingénieuses afin de faire balancer vos budgets et vous les partager à l’ensemble du réseau.
Annuellement, vous mettez en place de nouvelles idées pour agrémenter l’expérience du visiteur dans votre lieu d’accueil.
À chaque début d’année, vous voudriez moderniser vos installations pour être plus efficaces et suivre les avancées technologiques.
Annuellement, votre personnel est changeant et développe peu d’expertises, faute de revenus à investir en salaire et en formation.
Annuellement, vous vous devez de faire de la gestion à court terme, alors que vous savez fort bien ce qu’il faudrait pour améliorer davantage votre service, vos opérations, vos équipements…
Mais…
Vous faites l’amer constat que votre industrie ne vous soutient pas à la mesure de vos attentes.
Et vous, les gestionnaires et employés, vous êtes prêts à passer à l’action. Cela fait même quelques années que vous le mentionnez lors des JAAT.
Malgré tout, vous participez encore aux JAAT cette année… Parce que vous y croyez, vous, à la puissance de l’accueil dans la chaîne de la promotion touristique. Tout comme moi!
Vous êtes des passionnés qui sont prêts à avancer. Je vous souhaite de bonnes rencontres fructueuses et que vous y soyez des acteurs actifs dans vos interventions. Ici et dans vos milieux respectifs.
Bon congrès!
Les sentiers motoneige et VHR : Qui s’en préoccupe? Ville de Saguenay… avec l’argent des autres
Il semble qu’à Saguenay, on a résolu le problème des sentiers de motoneige et de VHR de façon définitive.
Comme Ville de Saguenay avait sur son territoire environ 200 km en territoire agricole, le premier magistrat de la ville a décidé de constituer un fonds de 200 000$ annuellement pour défrayer des droits de passage, et ce, pour les trois prochaines années.
Faut croire que le travail accompli dans les tables régionales VHR (véhicules hors-route) n’avançait pas au rythme qu’il souhaitait. La moyenne d’indemnité accordée serait d’environ 900$/km par année. Je me demande encore pourquoi le montan t moyen n’a pas été fixé à 250$/km ou à 5000$/km. Non, mais tant qu’à faire, pourquoi lésiner à la dépense?
Mais il y a quelques hics dans tout cela et on me crucifiera certainement pour mes interrogations.
Après l’éclair de génie, la facture
Qui donc va défrayer ce montant? Je me demande bien d’où vont provenir ces montants surgis d’on ne sait où. Hélas, il semble bien que ces sommes ne viendront pas des coffres de V ille de Saguenay.
Hé oui, il est tellement facile d’engager l’ argent des autres. Comme ce magistrat a l’expérience assez récente d’une levée de fonds volontaire, pourrait-il entreprendre un chemin de Compostelle, de Damas ou de sentiers de VHR pour ré clamer ces fonds du grand public ?
Mais non, il a coupé au plus court : les hôteliers et l’ATR devront payer la note, même s’ils n’ont participé à aucune négociation.
L’ATR devra payer, point à la ligne. Sinon, sa décision sera une gifle à ceux qui le requéraient. C’est tellement facile d’énoncer un tel principe, quand ce n’est pas de ses propres fonds dont il s’agit.
Tellement facile d’exiger, voire d’acculer au pied du mur une organisation dont on ne comprend que trop peu son budget, ses obligations et ses impératifs.
Au diable, la concertation
Je ne comprends pas la situation ? Non, hélas, je la comprends tellement bien. Trop facile de conclure et d’offrir de l’argent qu’on ne contrôle pas.
Quand on sait que la province a un réseau de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de sentiers et que près du quart de ceux-ci sont en zone agricole, on parle d’un coût total de près de 9 000 000$. C’est fantastique. Aussi bien dé cider de clore le dossier.
Un suicide assisté annoncé n’aurait pas été mieux planifié.
Les cartes de motoneige des différentes régions sont déjà imprimées. Les espaces dans les salons sont déjà payés. Néanmoins, on va (encore) devoir se battre contre des moulins à vent dans bien peu de temps: selon les réponses obtenues à travers plusieurs questions chez plusieurs intervenants impliqués dans ce dossier, jamais une telle entente, ni ses modalités n’ont été partagées avec d’autres régions ou même dans la ré gion du Saguenay Lac Saint-Jean.
- Motoneige: Gervais Coulombe estomaqué par la décision de Saguenay (Journal Le Lac St-Jean, 8 septembre 2011)
- Bernard Généreux digère mal l’entente (Le Quotidien, 15 septembre 2011)
On est loin de la concertation. On est au plus fort la poche, mais avec l’argent des autres.
Quelques paramètres omis dans l’équation…
J’imagine le scénario possible:
Toutes les régions se lèvent et exigent demain matin la même entente. Il est bien peu probable que toutes pourront trouver les fonds nécessaires. Donc, tous les motoneigistes devront se diriger vers Ville de Saguenay pour pratiquer leur sport.
Je n’ose imaginer un redoux majeur de fin janvier avec ses conséquences. Je n’ose imaginer l’effet du défilement de 10 à 20 fois plus de motoneigistes dans les mêmes sentiers.
J’imagine qu’à Québec, on pourra loger toutes ces motoneiges dans le nouvel amphithéâtre avant qu’ils prennent le sentier vers les Monts-Valin. Hum, j’y pense soudainement… Y a-t-il un enclos assez grand pour accueillir toutes ces machines à Ville de Saguenay?
Au moins, on va pouvoir économiser des frais chez la Sûreté du Québec. Bien oui, il n’y aura qu’un territoire à surveiller!
Prochaine étape, on érige un barrage sur la rivière Saguenay, tout prè s de Tadou ssac, et on fait des courses de drags ou bien de Formule 1. Vous pensez que c’est impossible?
Et devinez qui va financer cela ?
Hé la la la la.
Y a-t-il un avenir pour les évènements en régions? Joe Dassin se posait la même question.
Ah oui, je suis un prophète de malheurs. J’ai dénoncé en 2009 la mise en place d’évènements gratuits dans les grands centres urbains. Plusieurs m’avaient chuchoté que j’avais raison. Sincèrement, cela m’a bien peu flatté.
Pourquoi ne pas avoir élevé nos voix ensemble ? C’est très énigmatique comme absence de prise de position. Qui a donc à protéger quoi au juste ?
Quand on constate ce que vivent les grands évènements en régions depuis trois ans, je me dis que j’avais les dons de Madame Minou, d’un météorologue ou d’un économiste… J’avais prédit les nuages en formation à l’horizon. J’avais bien lu les lignes de la main. Mon analyse des 273 variables de l’économie n’é taient pas tout faux.

Le futur ne s’annonce pas rose, loin de là.
Ensemble, séparément
Quelqu’un de la fonction publique me faisait remarquer il y a quelques temps que selon sa lecture de l’industrie touristique, les entreprises semblaient travailler beaucoup plus ensemble depuis quelques années. Comme il me soulignait, c’était son impression.
Ma réplique l’a sidéré : « Tout le monde travaille ensemble, séparément. »
Comment un entrepreneur pourrait-il subir les contraintes de ses « concurrents » dans la mise en œuvre de son plan d’affaires et de ses actions de promotion? Hé oui, les apparences sont parfois trompeuses.
Faut-il rappeler les paroles sages d’un ancien pilote de Formule 1 qui a osé dire tout haut ce qu’une certaine société bien pensante n’ose pas dire tout haut, à savoir que les évènements en régions, c’est bon pour les provinciaux, sans plus!
Hé oui, les gens de l’industrie travaillent « ensemble ». Cela en fut une belle démonstration. La chronique de Ronald King de la Presse le 22 août dernier (La confusion des intérêts) est assez éloquente sur le chacun pour soi.






